Le cuir, un matériau en constante évolution !

Depuis les origines de l’humanité, le cuir, sous multiples aspects, est un compagnon de route. Découvrons, de la préhistoire à nos jours, son histoire et son évolution.


Cuirs d'Adapta : croûte de cuir et tannage végétal

L’origine du cuir


Commençons tout d’abord par les hommes primitifs. Ces derniers chassaient les animaux afin de se nourrir et de se protéger des intempéries. Un outil du quotidien utilisé sous différentes façons : tente, couverture, vêtement et chaussure. Un problème est cependant vite survenu, puisque la putréfaction de la peau la rendait inutilisable. Ces hommes ont alors découvert de nouvelles méthodes pour y remédier.

Laissant les peaux sur le sol humide, la végétation libérant des produits chimiques, celles-ci étaient naturellement tannées. Puis la peau était étendue sur le sol, frottée par les graisses et les ossements des animaux, pour sa conservation.


L’alun, un composé chimique présent dans les creux de rochers remplis d’eau, est apparu comme une autre méthode de conservation. Il rendait la peau plus blanche et sans odeur.


La fumée des feux de bois est un troisième moyen de préserver le cuir et qui était utilisé en Europe centrale. La combustion des écorces, des feuilles, des brindilles et du bois servait à rendre plus résistante la peau. Celle-ci était placée au-dessus du feu, une méthode qui rappelle l’infusion. L’enfumage a été ensuite amélioré en lui ajoutant de l’huile de bouleau.


Le tannage est donc un procédé qui transforme les peaux animales en cuirs les rendant souples, durables, qui résistent à l’eau et ne pourrissent pas.

Les premiers tanneurs étaient apparus !


Son développement


C’est réellement à l’Antiquité que le cuir a évolué. Les Grecs et les Romains, grands consommateurs de cuir, tannaient les peaux dans de grandes cuves où se trouvait une solution de tanins. A Rome, l’urine était récoltée dans les toilettes publiques afin de la verser dans des bassines pour ensuite tremper les peaux et la tanner. Ces deux civilisations ont participé à l’essor du cuir, utilisé pour des vêtements du quotidien ou pour la guerre.

Atelier tannage peau - moyen-âge

La fabrication du cuir s’est ensuite introduite dans toute l’Europe via les envahisseurs. L’Espagne a également popularisé le cuir en le vendant dans tout le continent.

Puis, au Moyen-âge, cette industrie s’est implantée dans les villes et dans des zones spécifiques. On pouvait notamment trouver des ateliers près des rivières, car le matériau avait besoin de beaucoup d’eau.

Le commerce du cuir s’est alors étendu dans le monde et de multiples métiers ont vu le jour.



Avec l’apparition des machines de productions et la concurrence des prix, c’est vers le milieu du XIXème siècle que les petites affaires artisanales disparaissent peu à peu pour voir finalement apparaître les moyennes et grandes entreprises. Dans la même période, les matériaux synthétiques comme le plastique et le pétrole ont ensuite contribué au déclin du marché du cuir. Les raisons ? Leurs coûts de productions faibles et la rapidité de leur fabrication.


Vers 1850, le chimiste allemand Knapp met au point le tannage au chrome. Cette technique, qui nécessite l’emploi de tanins minéraux, permet d’accélérer le processus du tannage et donc remet au goût du jour le cuir, moins onéreux. Malgré cette découverte, le processus reste long.


C’est au XXème siècle que l’industrialisation du cuir se met en place : les produits chimiques et de meilleurs équipements de tannage ont augmenté le rendement de la production. Cela a aussi permis une diversité dans le développement des aspects, couleurs et textures.


De nouvelles solutions écologiques


Le cuir est une matière responsable et durable issue de l’industrie agro-alimentaire. C’est donc, à la base, un déchet revalorisé. Comme nous l’avons énoncé précédemment, ce matériau a connu des évolutions dont des processus chimiques afin d’accélérer la durée du tannage.


Goutte d'eau

Toutefois nombreuses quantités d’eau sont nécessaires dans le processus de transformation de la peau. Cette dernière contient alors 75% d’eau avant la transformation et nécessite 35 à 40 litres d’eau par kilogramme pendant le processus de tannage. Cette industrie, c’est plus de 800 000 tonnes de déchets solides produits chaque année selon une estimation de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao). On note également que seulement 20% du poids de la peau deviendra du cuir. Adopter de nouvelles méthodes pour améliorer l’impact de l’industrie du cuir est donc primordial.


Les entreprises industrielles qui se trouvent dans ce secteur ont vite pris conscience des nombreux enjeux de l’éco-responsabilité face à l’évolution de la société. Ainsi, celles-ci réduisent leurs impacts environnementaux notamment car elles limitent l’utilisation de produits nocifs, relocalisent les productions et portent un intérêt tout particulier à la bientraitance des animaux. Grâce aux lois européennes encadrant les industries, on remarque une amélioration sur l’utilisation de produits chimiques : moins de 2 kilos par mètre de cuir fini selon une enquête du magazine « Ça m’intéresse ». Autre action qui va dans le bon sens : lors de ces vingt dernières années, les entreprises ont mis en place le traitement des eaux usées. Cela a permis de créer une boucle fermée de l’eau utilisée par les tanneries. La consommation d’eau a été réduite de 60%.


Le tannage végétal, méthode ancestrale, a un regain d’intérêt ces dernières années car le tanin est composé de végétaux extraits de l’écorce ou du bois des arbres. Les peaux sont accrochées et laissées au repos dans des fosses ou dans des cuves remplis de cette solution de tannin. Elle obtient une teinte naturelle et devient plus ferme et rigide qui résiste à l’eau chaude. Vous pourrez voir sur notre e-shop quelques exemples.


Du côté des marques, elles font preuve de plus de transparence envers les consommateurs et valorisent la durée de vie de leur création. Le coronavirus a d’ailleurs été un accélérateur dans l’idée de consommer plus responsable et revaloriser les circuits courts.

Aujourd’hui, plusieurs acteurs prônent l’upcycling, un moyen qui permet de réduire la surproduction et le gaspillage. L’upcycling est une technique en plein essor consistant à transformer des matières ou produits finis, non utilisés et dévalorisés, en leur donnant une nouvelle vie plus qualitative. Autrement dit, créer du neuf avec du vieux. Cette valorisation des matières trouve de plus en plus d’adeptes et nous vous encourageons à rejoindre ce mouvement.

Cuirs adapta




Chez Adapta, la lutte contre le gaspillage et la surproduction des matières animent notre mission. Nous revalorisons des cuirs et textiles issus de stocks dormants dans le but de leur donner une toute nouvelle vie. Une solution d’écoulement des stocks et un sourcing innovant prônant l’éco-conception !





Le cuir connaitra sûrement encore d’autres innovations et évolutions. Quel futur imaginez-vous pour ce matériau ?



Sources :